Acceptation d’une succession au nom d’un enfant mineur en droit français

Lorsqu’un enfant mineur est appelé à une succession, il ne peut pas exercer lui-même son option successorale. Le Code civil français confie cette décision à ses représentants légaux tout en imposant des règles strictes destinées à protéger le patrimoine du mineur.

Acceptation d’une succession au nom d’un enfant mineur en droit français
Successions et héritages

Sènakpon Gbassi

15 décembre 2025

Cet article présente les principes applicables à l’acceptation ou à la renonciation à une succession au nom d’un enfant mineur et les autorisations judiciaires requises.

Le rôle des parents en tant qu’administrateurs légaux

Principe de l’administration légale

En application de l’article 382 du Code civil, les parents exercent l’administration légale des biens de leur enfant mineur. Lorsqu’un enfant est héritier, les parents, ou le parent exerçant seul l’autorité parentale, agissent comme représentants légaux pour exercer l’option successorale en son nom.
Ils peuvent ainsi accomplir les actes nécessaires au règlement de la succession, sous réserve des limitations prévues par la loi.

Les différentes options successorales ouvertes au mineur

Acceptation pure et simple de la succession

Nécessité d’une autorisation judiciaire préalable

L’acceptation pure et simple engage le patrimoine du mineur, notamment en présence de dettes successorales. Pour cette raison, l’article 387-1 du Code civil impose l’obtention d’une autorisation judiciaire préalable pour accepter purement et simplement une succession au nom d’un enfant mineur.
Cette exigence vise à éviter que le mineur ne supporte un passif supérieur à la valeur des biens recueillis.

 

Sanction en cas d’absence d’autorisation

La Cour de cassation juge de manière constante que l’acceptation pure et simple réalisée sans autorisation judiciaire préalable est nulle de plein droit. L’acte est privé d’effet et ne peut produire aucune conséquence juridique valable.

Renonciation à la succession au nom du mineur

Autorisation judiciaire également requise

La renonciation constitue un acte de disposition. Elle nécessite, elle aussi, une autorisation judiciaire préalable lorsqu’elle est exercée au nom d’un enfant mineur, conformément à l’article 387-1 du Code civil.

 

Jurisprudence constante

La Cour de cassation rappelle régulièrement que la renonciation exercée sans autorisation judiciaire est nulle, notamment dans des arrêts rendus les 13 mai 2020 et 16 mars 2022.

Acceptation à concurrence de l’actif net

Une option protectrice pour le mineur

L’acceptation à concurrence de l’actif net permet de limiter la responsabilité du mineur au montant des biens qu’il reçoit. Les dettes successorales ne peuvent pas être supportées au-delà de cette valeur.
Cette option évite toute confusion entre le patrimoine personnel du mineur et le passif de la succession.

 

Absence d’autorisation judiciaire préalable

Contrairement à l’acceptation pure et simple et à la renonciation, l’acceptation à concurrence de l’actif net est qualifiée d’acte d’administration. Elle peut donc être exercée par les parents sans autorisation judiciaire préalable.
Cette solution est fréquemment retenue lorsque la situation financière de la succession est incertaine.

Enjeux pratiques et vigilance nécessaire

L’exercice de l’option successorale au nom d’un enfant mineur suppose :

  • une analyse préalable de la composition de la succession,
  • une identification précise des risques liés au passif,
  • le respect strict des règles d’autorisation judiciaire.

Une option exercée sans respecter ces conditions peut être remise en cause et entraîner des conséquences patrimoniales importantes pour l’enfant.

Pour aller plus loin

Pour une approche globale des successions comportant un élément d’extranéité, vous pouvez consulter les pages suivantes :

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