Le droit français prévoit un mécanisme permettant de contraindre un héritier à se prononcer sur son option successorale. Ce dispositif vise à éviter l’inaction prolongée d’un héritier, susceptible de bloquer le règlement de la succession et de créer une insécurité juridique pour les autres ayants droit.

La mise en demeure de l’héritier à opter permet d’imposer un délai pour choisir entre acceptation ou renonciation à la succession, avec des conséquences juridiques importantes en cas d’absence de réponse.
Les articles 771 et 772 du Code civil, issus de la loi n° 2006-728 du 23 juin 2006 et en vigueur depuis le 1er janvier 2007, permettent à toute personne justifiant d’un intérêt légitime de mettre en demeure un héritier de se prononcer sur son option successorale.
L’héritier mis en demeure doit alors choisir entre :
Ce mécanisme vise à sécuriser la liquidation successorale et à éviter qu’un héritier paralyse la succession par son silence.
La mise en demeure peut être exercée par toute personne justifiant d’un intérêt légitime dans la succession, notamment :
L’intérêt légitime s’apprécie au regard des circonstances concrètes de la succession et des effets produits par l’absence de prise de position de l’héritier concerné.
La mise en demeure ne peut intervenir qu’à l’issue d’un délai de quatre mois à compter de l’ouverture de la succession. Avant l’expiration de ce délai, l’héritier ne peut être contraint de prendre position.
À compter de la notification régulière de la mise en demeure, l’héritier dispose d’un délai de deux mois pour exercer son option successorale. Il doit, dans ce délai, choisir entre :
accepter purement et simplement la succession,
L’héritier peut solliciter un délai supplémentaire par voie judiciaire. Dans ce cas :
À défaut de prise de position à l’expiration du délai de deux mois, ou du délai supplémentaire accordé par le juge, l’héritier est réputé avoir accepté la succession purement et simplement.
Il ne peut alors plus :
Cette solution a été confirmée par la jurisprudence récente, notamment par un arrêt de la première chambre civile de la Cour de cassation du 5 février 2025.
La mise en demeure de l’héritier à opter constitue un outil procédural permettant notamment de :
Elle doit toutefois être utilisée dans le strict respect des délais et des conditions légales, sous peine d’inefficacité.
Pour une analyse globale des options successorales dans un contexte franco-espagnol, vous pouvez consulter les pages suivantes :

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