En droit français, un héritier dispose de la faculté de renoncer à une succession. Cette renonciation est strictement encadrée par la loi, tant quant à sa forme que quant à ses effets juridiques. Elle permet à l’héritier de ne pas être tenu au paiement des dettes successorales, mais entraîne également la perte de tout droit sur la succession.

Cet article présente les règles applicables à la renonciation à succession en droit français.
Conformément à l’article 804 du Code civil, la renonciation à une succession ne se présume pas. Elle doit faire l’objet d’un acte exprès, notamment :
À défaut de renonciation formalisée, l’héritier est réputé accepter la succession, sous réserve des règles relatives à l’acceptation à concurrence de l’actif net.
L’héritier qui renonce est censé n’avoir jamais été héritier. Il ne peut prétendre à aucun droit dans la succession et n’est pas tenu au paiement des dettes successorales. La Cour de cassation a confirmé que la renonciation emporte exonération totale des dettes successorales (Cour de cassation, 19 septembre 2018).
La renonciation ne produit d’effet qu’à l’égard de l’héritier qui renonce. Elle ne vaut que pour lui-même.
Sa part successorale est alors transmise :
Lorsque la renonciation entraîne un accroissement au profit des cohéritiers, il peut être nécessaire de démontrer l’absence de descendants du renonçant.
La preuve peut être apportée par tout moyen, notamment :
En application de l’article 780 du Code civil, l’héritier dispose d’un délai de dix ans à compter de l’ouverture de la succession pour renoncer. Passé ce délai, l’héritier est réputé acceptant pur et simple.
Tant qu’aucun autre héritier n’a accepté la succession, l’héritier renonçant peut revenir sur sa décision et accepter la succession. Cette faculté disparaît dès lors qu’un autre héritier a accepté définitivement.
L’héritier qui a reçu, avant la renonciation :
peut les conserver, même s’il renonce ensuite à la succession. La renonciation n’a donc pas d’effet rétroactif sur les libéralités antérieurement consenties, sous réserve des règles propres à la réduction des libéralités excessives.
Dans les successions comportant un élément d’extranéité, notamment en présence de biens situés en Espagne :
Une renonciation peut avoir des conséquences indirectes sur :
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