Fiscalité successorale en Espagne

Lorsqu’une succession implique l’Espagne, des obligations fiscales spécifiques s’appliquent, distinctes de celles prévues en France. La fiscalité successorale espagnole dépend notamment de la localisation territoriale des biens, du lien de parenté, de la communauté autonome concernée et du respect des délais déclaratifs. Cette page présente les principes applicables et les principales règles fiscales à connaître.

Fiscalité successorale en Espagne

La fiscalité successorale relève du droit espagnol

En Espagne, l'imposition des successions relève de la compétence des communautés autonomes. Les règles fiscales peuvent donc varier selon la région où sont situés les biens ou où la déclaration doit être déposée.

La fiscalité successorale est indépendante :

  • de la nationalité du défunt,
  • de la nationalité des héritiers,
  • et du choix de la loi civile applicable à la succession.

Droits de succession en Espagne

Abattements et réductions

La majorité des communautés autonomes appliquent :

  • un abattement significatif,
  • ainsi qu'une réduction importante des droits de succession.

Dans la Communauté de Valence, par exemple, un abattement de 100 000 euros et une réduction de 99% peuvent s'appliquer. En pratique, l'imposition ne devient effective que lorsque la valeur du patrimoine hérité dépasse un certain seuil.

Lien de parenté

Le montant des droits dépend notamment :

  • du lien entre le défunt et l'héritier,
  • de la valeur des biens transmis,
  • et des règles propres à la communauté autonome concernée.

Déclaration de succession en Espagne

Après la signature de l'acte de partage devant notaire, les héritiers doivent :

  • préparer,
  • présenter,
  • et déposer la déclaration de succession auprès de l'Administration fiscale espagnole.

En Espagne, cette formalité n'est pas effectuée par le notaire. La déclaration est effectuée au moyen de l'imprimé 650.

Délais et pénalités

Délai de déclaration

La déclaration de succession doit être présentée dans un délai de six mois à compter de la date du décès.

Pénalités de retard

En cas de dépassement du délai, des pénalités peuvent s'appliquer :

  • par mois de retard: 1 %
  • au-delà de 12 mois : 15 % en plus des intérêts de retard

Report de délai

Vous pouvez solliciter un report de six mois une seule fois, au plus tard dans le cinquième mois suivant le décès. Dans ce cas, la déclaration peut être présentée sans pénalités jusqu'à un an après le décès.

Démarches et délais fiscaux en Espagne

La régularisation fiscale d'une succession en Espagne suit un calendrier précis :

  • Signature de l'acte de partage devant notaire espagnol
  • Préparation de l'imprimé 650 (déclaration de succession) : 1 semaine
  • Dépôt de la déclaration : dans les 6 mois suivant le décès
  • Obtention du certificat d'acquittement ou de non-imposition : 2 semaines
  • Report possible : demande à effectuer avant la fin du 5ème mois (prorogation de 6 mois)

Documents nécessaires pour la déclaration fiscale

  • Acte de partage signé devant notaire espagnol
  • Certificat de décès et de dernières volontés
  • NIE (numéro d'identification fiscal) de tous les héritiers
  • Justificatifs de valeur des biens (certificat cadastral, évaluations immobilières)
  • Justificatifs bancaires (comptes, placements, assurances-vie)
  • Preuve du lien de parenté (livret de famille, acte de naissance)

Prescription fiscale

La prescription fiscale est acquise quatre ans et six mois après la date du décès. Durant ce délai, l'Administration fiscale espagnole peut mettre en demeure les héritiers à régulariser la succession et en profite pour interrompre le délai de prescription.

Certificat d'acquittement ou de non-imposition

Après le dépôt de la déclaration de succession, l'Administration fiscale espagnole délivre :

  • soit un certificat d'acquittement,
  • soit un certificat de non-imposition.

Ces certificats ne font pas obstacle à un contrôle fiscal ultérieur.

Convention fiscale franco-espagnole

La convention fiscale franco-espagnole du 8 janvier 1963 prévoit notamment que :

  • les biens immobiliers sont déclarés et imposés dans le pays où ils sont situés,
  • les actifs financiers font l'objet d'une déclaration dans l'État du dernier domicile du défunt.

Il est indispensable d'analyser la situation au regard de cette convention pour éviter toute double imposition.

Fiscalité et succession globale

La fiscalité successorale s'inscrit dans une approche globale de la succession.

Elle doit être analysée en lien avec :

  • la loi civile applicable,
  • le contenu du testament,
  • la nature des biens,
  • et la situation personnelle des héritiers.

Pour une vue d'ensemble de la succession en Espagne, voir la page Succession en Espagne.

Questions fréquentes sur la fiscalité successorale en Espagne

Les droits de succession sont-ils les mêmes partout en Espagne ?

Non. Les règles fiscales varient selon la communauté autonome compétente. Le montant des droits peut donc changer de manière significative selon le lieu où se trouvent les biens.

Un héritier français est-il imposé en Espagne ?

Oui. Un héritier peut être imposé en Espagne lorsque la succession comprend des biens situés sur le territoire espagnol ou lorsque les règles fiscales espagnoles sont applicables, même si l'héritier réside en France.

Le choix de la loi applicable influence-t-il la fiscalité ?

Non. Le choix de la loi civile applicable à la succession n'a pas d'impact sur la fiscalité successorale. L'impôt relève de la souveraineté fiscale de chaque État.

Le notaire se charge-t-il de la déclaration fiscale ?

Non. En Espagne, le notaire ne réalise pas la déclaration de succession auprès de l'Administration fiscale. Cette démarche doit être effectuée séparément.

Peut-on payer les droits de succession en plusieurs fois ?

Oui. Il est possible de demander un fractionnement du paiement sur 1 an (sans intérêts) ou sur 5 ans maximum (avec intérêts). La demande doit être formulée lors du dépôt de la déclaration.

Que se passe-t-il si on ne paie pas les droits de succession ?

L'absence de paiement entraîne des pénalités de retard (1% par mois les 12 premiers mois, puis 15% au-delà) et empêche l'inscription des biens au nom des héritiers. L'Administration fiscale peut également engager des procédures de recouvrement forcé.

Les non-résidents paient-ils plus de droits de succession ?

Non. Depuis 2015, les non-résidents bénéficient des mêmes abattements et réductions que les résidents de la communauté autonome où sont situés les biens.

Peut-on contester une évaluation fiscale ?

Oui. Si l'Administration fiscale réévalue les biens à la hausse, les héritiers peuvent contester cette valorisation dans un délai d'un mois en présentant une contre-expertise ou des justificatifs de valeur vénale.

Accompagnement fiscal pour les successions en Espagne

Le cabinet accompagne les héritiers dans la régularisation fiscale des successions franco-espagnoles. Cet accompagnement permet de sécuriser les déclarations, d'optimiser la fiscalité applicable et de respecter les délais imposés par l'Administration espagnole. L'accompagnement comprend l'analyse de la situation fiscale des héritiers, le calcul des abattements et réductions applicables, la préparation et le dépôt de l'imprimé 650, l'obtention des certificats fiscaux nécessaires, et la gestion des recours en cas de contrôle ou de réévaluation. Pour toute question relative à la fiscalité d'une succession impliquant l'Espagne, vous pouvez contacter le cabinet afin d'exposer votre situation. Un premier échange permet d'identifier les obligations fiscales applicables, les démarches à entreprendre ainsi que les frais à prévoir.

Contacter le cabinet en remplissant ce formulaire ou en appelant le (+34) 965 14 29 99

SENAKPON GBASSI est le Responsable du traitement des données à caractère personnel de l’utilisateur et vous informe que les données seront traitées conformément aux dispositions du Règlement (UE) 2016/679 du 27 avril (GDPR) et à la Loi Organique 3/2018 du 5 décembre (LOPDGDD), en fournissant les informations suivantes concernant ce traitement : Fins et légitimation du traitement : maintenir une relation commerciale (par intérêt légitime du responsable, art. 6.1.f GDPR) et envoyer des communications concernant nos produits ou services (par consentement de l’intéressé, art. 6.1. a GDPR). Critères de conservation des données : celles-ci ne seront pas conservées au-delà du temps nécessaire aux du traitement ou tant qu’existeront des prescriptions légales ordonnant leur conservation ; lorsque cela ne sera plus nécessaire, elles seront supprimées dans le respect des mesures de sécurité appropriées afin d’assurer l’anonymisation des données ou leur destruction totale. Communication des données : elles ne seront pas communiquées à des tiers, sauf en cas d’obligation légale. Droits octroyés à l’utilisateur : droit de retirer son consentement à tout moment. Droit d’accès, de rectification, de portabilité et d’effacement de ses données, et de limitation ou d’opposition à leur traitement. Droit de présenter une réclamation auprès de l’Autorité de Contrôle (www.aepd.es) s’il estime que le traitement n’est pas conforme à la réglementation en vigueur.