Acheter un bien immobilier en Espagne quand on est Français : ce qu'il faut savoir avant de signer

L'achat d'un bien immobilier en Espagne par un ressortissant français soulève des questions juridiques et fiscales spécifiques qui ne se posent pas dans un achat purement national. Le droit espagnol s'applique à la transaction, mais la situation fiscale française du vendeur et de l'acquéreur influe sur le coût global et les obligations à long terme.

Acheter un bien immobilier en Espagne quand on est Français : ce qu'il faut savoir avant de signer

Cette page présente les points de vigilance propres à un acquéreur français, en complément des étapes générales de l’achat immobilier en Espagne détaillées sur la page principale.

Le NIE : première démarche indispensable avant tout achat

Le numéro d’identification des étrangers (NIE) est le document sans lequel aucune transaction immobilière en Espagne ne peut aboutir. Il est exigé pour signer l’acte de vente chez le notaire, payer les droits de mutation et inscrire le bien au registre foncier.

Pour un ressortissant français résidant en France, le NIE s’obtient auprès du Consulat d’Espagne compétent ou directement en Espagne auprès d’un commissariat de police habilitée. Le délai d’obtention varie selon les périodes et les points de dépôt, et doit être anticipé dès le début du projet.

Le NIE n’implique pas de résidence en Espagne. Il s’agit d’un identifiant fiscal, non d’un titre de séjour. Sa simple obtention ne modifie pas la résidence fiscale du demandeur.

Pour le détail des démarches, voir : [NIE et démarches en Espagne].

Les droits de mutation : ITP ou TVA selon la nature du bien

Les droits de mutation constituent le principal impôt dû lors d’un achat immobilier en Espagne. Leur nature et leur taux varient selon que le bien est neuf ou ancien.

Bien ancien : l’Impuesto de Transmisiones Patrimoniales (ITP)

Pour l’achat d’un bien immobilier ancien entre particuliers, l’acquéreur est redevable de l’Impuesto de Transmisiones Patrimoniales (ITP). Ce droit est calculé sur le prix de vente ou sur la valeur de référence cadastrale si celle-ci est supérieure.

Le taux de l’ITP est fixé par chaque communauté autonome. Il se situe généralement entre 6 et 13 % selon la région. Dans la Communauté valencienne, qui inclut Alicante, Castellon et Valence, le taux applicable est de 9 %, contre 6 % à Madrid, 7 % en Andalousie et une fourchette entre 10 et 13 % en Catalogne, en fonction du prix d’achat.

Bien neuf : TVA et acte juridique documenté (AJD)

Pour l’achat d’un bien neuf auprès d’un promoteur, la transaction est soumise à la TVA (IVA) au taux de 10 % pour un logement standard, ou de 4 % pour les logements sociaux. S’y ajoute l’Impuesto sobre Actos Jurídicos Documentados (AJD), dont le taux varie selon les communautés autonomes, 1,4 % dans la Communauté de Valence, 0,75 % à Madrid, 1,2 % en Andalousie et 1,5 % en Catalogne.

La distinction entre bien neuf et bien ancien est déterminante pour chiffrer le coût total de l’acquisition. Elle doit être vérifiée avant toute offre d’achat.

Le régime matrimonial : un point souvent négligé

Pour un acquéreur français marié, le régime matrimonial applicable en France a des conséquences directes sur la façon dont le bien sera inscrit au registre foncier espagnol et sur sa transmission en cas de décès.

Communauté légale française et droit espagnol

En France, le régime légal est la communauté réduite aux acquêts. Un bien acheté pendant le mariage avec des fonds communs est un bien commun aux deux époux. En Espagne, le régime légal varie en fonction de la Communauté autonome. Le régime matrimonial doit être expressément mentionné dans l’acte notarié pour être opposable au registre foncier espagnol.

L’omission de cette mention peut entraîner des complications lors d’une succession ou d’une séparation, notamment lorsque le conjoint survivant ou l’ex-conjoint doit faire valoir ses droits sur un bien inscrit au seul nom de l’acquéreur.

Séparation de biens et achat en indivision

En cas de régime de séparation de biens, ou lorsque deux personnes non mariées achètent ensemble, le bien est acquis en indivision. Les quotes-parts respectives de chaque acquéreur doivent être précisément définies dans l’acte notarial. Une quote-part non conforme à la réalité des apports peut avoir des conséquences fiscales et successorales.

Le cabinet vérifie systématiquement la cohérence entre le régime matrimonial ou la situation personnelle de l’acquéreur et la rédaction de l’acte de vente.

Le financement : prêt en France ou prêt en Espagne

Un ressortissant français peut financer l’achat d’un bien en Espagne par un prêt immobilier contracté auprès d’une banque française ou d’une banque espagnole. Les deux options présentent des caractéristiques distinctes.

Prêt auprès d’une banque espagnole

Les banques espagnoles acceptent de financer l’achat de non-résidents, généralement à hauteur de 60 % à 70 % de la valeur du bien. Le taux proposé et les conditions varient selon les établissements et le profil de l’emprunteur.

L’ouverture d’un compte courant dans la banque prêteuse est généralement exigée pour domicilier les remboursements. Le NIE est indispensable pour toute relation bancaire en Espagne.

Garantie hypothécaire sur un bien espagnol avec prêt français

Habituellement les banques françaises ne constituent pas d’hypothèques sur les biens immobiliers situés en Espagne. Elles préfèrent la constituer sur un bien situé en France. L’intervention d’un professionnel du droit est nécessaire pour l’appel de fonds auprès de la banque française.

Les obligations fiscales de l’acquéreur français après l’achat

Une fois propriétaire d’un bien en Espagne, un résident fiscal français est soumis à des obligations fiscales annuelles en Espagne et en France, qu’il utilise le bien à titre personnel ou qu’il le mette en location.

En Espagne

La taxe foncière espagnole (IBI) est due chaque année à la municipalité. Si le bien n’est pas mis en location, un impôt annuel sur revenu imputé (IRNR) est également dû à l’État espagnol. Ces obligations sont détaillées sur la page : Fiscalité immobilière France-Espagne.

En France

Le bien espagnol doit être déclaré en France via le formulaire 3916-bis. Si le patrimoine immobilier mondial du contribuable dépasse le seuil d’assujettissement à l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), le bien entre dans l’assiette de calcul. En cas de location, les revenus locatifs espagnols doivent également être déclarés en France, avec application des mécanismes de la convention fiscale pour éviter la double imposition.

Anticiper la transmission du bien

L’achat d’un bien immobilier en Espagne s’inscrit dans une logique patrimoniale qui dépasse la simple transaction. Sa transmission, par succession ou par donation, obéit à des règles spécifiques.

Un testament établi en Espagne, ou une clause de choix de loi dans un testament français, peut simplifier la gestion de la succession et réduire les délais et les coûts pour les héritiers. Cette question mérite d’être anticipée dès l’acquisition, en particulier pour les patrimoines importants ou les familles recomposées.

Pour approfondir ce sujet, voir : [Succession en Espagne] et [Testament en Espagne].

Ce que le cabinet prend en charge pour l’achat

En complément de l’accompagnement général à l’achat détaillé sur la page principale, le cabinet assure pour les acquéreurs français :

  • Vérification de la cohérence entre le régime matrimonial et la rédaction de l’acte notarial
  • Accompagnement pour le NIE et ouverture d’un compte bancaire de non-résident si nécessaire
  • Calcul précis des droits de mutation selon la communauté autonome et la nature du bien
  • Rédaction du compromis de vente et appel de fonds auprès de banques françaises
  • Coordination avec un établissement bancaire espagnol pour le financement si besoin
  • Mise en place des obligations fiscales post-achat (IBI, IRNR, déclarations françaises)
  • Anticipation de la transmission du bien (conseil sur l’opportunité d’un testament en Espagne)

Faites-vous accompagner par un avocat francophone en Espagne

Pour tout projet d'achat immobilier en Espagne, le cabinet est disponible pour un premier échange permettant d'identifier les démarches à anticiper et les points de vigilance propres à votre situation.Vous pouvez contacter le cabinet par téléphone au +34 965 14 29 99, par email à alicante@gbassi.es, ou via le formulaire de contact disponible sur le site. Les échanges peuvent se faire en français, en espagnol ou en anglais.

Questions fréquentes sur l’achat immobilier en Espagne pour un Français

Un Français peut-il acheter librement un bien immobilier en Espagne ?

Oui, sans restriction particulière. Les ressortissants de l’Union européenne peuvent acquérir des biens immobiliers en Espagne dans les mêmes conditions que les citoyens espagnols, sous réserve d’obtenir un NIE et de respecter les formalités fiscales et notariales applicables.

Quels sont les frais à prévoir en plus du prix d’achat ?

Pour un bien ancien, il faut prévoir les droits de mutation (ITP, entre 6 % et 10 % selon la communauté autonome), les frais de notaire, les frais d’inscription au registre foncier et les honoraires d’avocat. Pour un bien neuf, la TVA remplace l’ITP. Au total, les frais annexes représentent généralement entre 10 % et 13 % du prix de vente.

L’achat en Espagne m’oblige-t-il à y déclarer des impôts chaque année ?

Oui. La détention d’un bien immobilier en Espagne par un non-résident génère deux obligations fiscales annuelles distinctes : la taxe foncière (IBI) due à la municipalité, et l’impôt sur le revenu de non résidents (IRNR) dû à l’État espagnol, que le bien soit mis en location ou pas.

Mon régime matrimonial français est-il reconnu en Espagne ?

Le régime matrimonial français est en principe reconnu en Espagne, mais il doit être expressément mentionné dans l’acte notarié espagnol pour être opposable au registre foncier. Cette mention est indispensable pour éviter des complications lors d’une succession ou d’une séparation.

Faut-il rédiger un testament espagnol si j’achète en Espagne ?

Ce n’est pas obligatoire, mais c’est souvent recommandé. Un testament établi en Espagne, ou une clause de choix de loi dans un testament français, simplifie la gestion de la succession pour les héritiers.

Puis-je obtenir un prêt immobilier en Espagne en tant que non-résident ?

Oui. Les banques espagnoles accordent des prêts aux non-résidents, généralement dans une limite de 60 % à 70 % de la valeur du bien. Les conditions varient selon les établissements. Il est également possible de financer l’achat par un prêt contracté en France, avec ou sans constitution d’une hypothèque sur le bien espagnol.

Contacter le cabinet en remplissant ce formulaire ou en appelant le (+34) 965 14 29 99

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